Ça fait au moins un an que je sais que je vais passer à autre chose par rapport à mon emploi… qu’on le veuille ou non, une telle situation, peu importe le motif, instille une posture rétrospective. Pour le moins: trente trois ans d’un job qui nous définit tant personnellement que professionnellement, c’est aussi les études avant le job, les projets qu’on avait fait dans sa tête et l’image de ce qu’on souhaitait devenir; ce sont ces premiers emplois, alimentaires bien sûr mais qui ont permis bien plus et qui sont devenus expériences de vie. Dans la foulée de ces regards en arrière on y voit les amours, tous perdus sauf le dernier; on y voit des illusions, toutes perdues parce qu’elles en étaient, des buts, parfois atteints et des gestes posés, pour le meilleur et pour le pire.
Regarder vers l’arrière quand on va par en avant, ça peut être dangereux: on s’expose aux regrets, aux remords, aux déceptions, aux échecs; plus encore, on ne voit pas le beau qui pourrait venir vers nous, ou encore les obstacles qui pourraient nous faire trébucher. En contrepartie, réfléchir au passé peut doter le présent d’une lumière précieuse pour le chemin à parcourir. Naviguer en connaissant les eaux, c’est beaucoup plus facile: on pressent les écueils, on domine les vents contraires, on distingue les courants qui nous propulseront de ceux qui pourraient nous faire chavirer.
Toujours est-il que ça fait un bout que je pondère les différentes expériences de ma vie-avant. Je prends la mesure de ce que j’ai accompli, je vous raconterai sûrement, je suis fier de ce que je suis devenu et, aussi, de ce que je n’ai pas fait… Ça aussi, je vous conterai, quand j’aurai le temps. Évidemment si ça vous intéresse, faudra me le dire si c’est le cas.
Et il me reste 33 jours à travailler.