Plus que trois jours…
On aura déjà souligné mon départ, plus d’une fois: quelques mots génériques, tout de même appréciés puisque découlant d’intentions que je veux bien croire sincères; d’autres mots choisis juste pour moi, ceux-là m’auront touché sans que j’aie eu à leur prêter une intention. On aura pris acte de ma contribution, bien sommaire faut-il le dire, à la vie de mon organisation ou aux conditions d’exercice de mes pairs; sois sans crainte, Histoire, tu n’auras pas à en témoigner à ton tour. J’en tire, néanmoins, une fierté toute légitime, sans fausse modestie. J’aurai par ailleurs dit quelques mots, que j’aurai voulus bienveillants. J’aurai, déjà, réprimé quelques larmes. Pour le veau que je suis, l’effort se sera avéré pour le moins significatif.
Par cinq fois, aujourd’hui, on m’aura demandé : pis, la retraite, as-tu hâte? Tu te sens comment? J’aurai pris le temps d’expliquer, à chaque fois : je vais bien, je ne suis plus triste, je profite du moment et oui, j’ai hâte. Je remplis ma tête des visages de celles et ceux que je ne verrai plus, de mes collègues rapprochés à ceux que j’ai croisés furtivement. Je sais que votre présence se transformera en souvenir. J’espère, du coup, que je porterai en moi ces souvenirs qui m’ont côtoyé comme autant de pierres précieuses garnissant ma besace. Et, si jamais je m’ennuie, je conterai mes richesses.
Les heures filent, il y a encore beaucoup à faire et beaucoup de personnes à saluer. Le temps est dense, mais il fait bon.