Politique et désespoir

Maudite marde… on va devoir voter.

Pas que je déteste la chose. Au contraire: j’éprouve un grand respect pour la politique, de même que pour celles et ceux qui choisissent d’assumer le statut de candidat lors d’une élection. Ami lecteur, tu sais maintenant, car tu me connais quand même un peu après tous ces textes que je t’ai livrés, que je ne suis pas du genre candide. Je saisis bien que parmi tous ces gens qui cherchent à nous représenter, il y a ceux qui cherchent à se faire valoir, eux-mêmes, pour le profit de leur égo, et au diable les idées et programmes qui ne leur sont qu’accessoires décoratifs, comme une cravate qu’on change selon les préférences de sa prétendante. Il y a, je le sais bien, ces Barrette, ces Roberge, ces Ford et, pire encore, ces Trump. Malgré tout, j’aime croire que la plupart des candidats qui se retrouvent sur les bulletins de vote entretiennent le rêve un peu follet de faire en sorte que leurs actions pourront, un tant soit peu, aider le monde et l’amener vers du meilleur.

Aussi, j’aime à croire que certains de ces politiciens deviennent des chefs, parce qu’ils sont capables de faire émerger une vision du monde qui guide tant leurs actions que les positions qu’ils feront valoir par rapport aux grands enjeux qui nous concernent, nous les citoyens. La force des idées de ces chefs mènera à une ligne de parti, et permettra de rallier les intérêts communs, de tempérer les points de vue divergents et de former des équipes fonctionnelles animées par une communauté d’intérêts et d’objectifs. C’est là, pauvre ami qui endure comme moi cette campagne électorale pleine de mots vides et d’images qu’on voudrait fortes mais qui s’évanouissent sitôt peintes par manque de substrat, que je m’aperçois qu’après tout, je démontre parfois une belle naïveté.

Regardons nos chefs:

Trudeau, d’abord, ayant hérité du père un mépris qu’il peine à camoufler et de la mère une frivolité qui aurait pu rafraichir mais qui n’est que subterfuge pour du rien du tout. Beau mec, quand même. Ensuite, O’Toole: des airs de Jack Layton sans la moustache, mais une chanson, du moins celle qu’on entend sur la cassette, qui détonne avec celle de membres de sa chorale, de même qu’un discours déconnecté d’un programme qui l’est tout autant par rapport à ce qu’il faudrait faire pour ce pauvre Canada qui se réchauffe et se déplète. Il nous reste l’autre sous-Jack, ce sympathique Jagmeet qui cherche à séduire en sautillant partout, Madame Vert, qui tente de passer un autre message que celui à l’effet qu’elle ne passe pas auprès de ses propres membres, et puis l’Homme du Mal de Bloc, anthropologue de formation (merci, wikimachin!) et Grand Rassembleur des morceaux épars du Bloc Québécois. Tu devines dans le ton que je n’aime pas tant le personnage; toutefois, c’est indéniablement un chef au sens traditionnel du terme, en ce sens qu’il rallie ses troupes, de force s’il le faut, et qu’il assure la cohésion du Message. J’oubliais Bernier… J’avoue que ça m’a fait du bien de penser, pour quelques instants, qu’il n’existait pas. Devant un tel amalgame de personnages de bédé politique, pas étonnant que mon l’aiguille de mon sarcasmomètre demeure collée à droite du cadran.

Quel espoir, donc, peut-on entretenir pour une politique d’idées, cohérente et ancrée dans le réel, capable de confronter les enjeux hyper importants que sont la préservation de notre planète, la montée de l’extrême droite ou encore, ben oui, la pandémie (qu’on peut relier au premier enjeu, mais pas au 5G ni au Péril Jaune)? Je ne sais pas, honnêtement. Ce weekend, je vais aller lire les programmes de chaque parti et tenter d’oublier tout de cette campagne désespérante. Ça occupera mes derniers milles avant le vote; peut-être même trouverai-je dans ces programmes un peu de substance. Je te dirai plus tard si j’ai, encore une fois, été naïf ou s’il reste de l’espoir pour du mieux.

Bon vote!

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