Ma découverte de la musique chevauche celle de mon identité. Aussi, ce que je suis en tant qu’individu repose pour une bonne part sur la nourriture d’oreille que j’affectionne. C’est le cas de plein d’ados, d’ailleurs, comme j’étais naguère, qui façonnent leur apparence, leur attitude, leur posture et même leur vocabulaire en fonction du courant musical qu’ils affectionnent. Avec le temps, notre palette d’influence s’élargit, bien sûr, sauf que dans mon cas, la musique que j’aime demeure constitutive.
Bon… je vais le dire autrement car je sonne comme un vieux livre de psycho: je suis un indécrottable trippeux de musique. Aussi, avec la retraite, j’ai pu reprendre contact avec une activité qui occupait, avant que je devienne un être productif, tous mes temps de valeur: trouver des nouvelles choses à me mettre sous les tympans. De cet intérêt ravivé pour la découverte musicale, pandémie maudite aidant, a pris forme le projet d’identifier 500 interprètes de pièces que j’affectionne ou qui ont une résonance particulière pour moi. La seule règle que je me suis imposée, pour m’assurer qu’il s’agirait bel et bien d’une recherche et non d’un rebrassage de vieilles choses, est la suivante: je ne pouvais pas citer un interprète plus d’une fois: pas deux pièces de Genesis, idem pour Yes, Gentle Giant ou ELP; pas même Zappa ne pouvait être appelé deux fois à la barre pour témoigner …
C’est ainsi que j’ai pu amasser, à ce jour, plus de 500 références musicales d’interprètes différents, que je publiais sur ma page Facebook à l’intention de mes quelques amis interpelés par la chose. Au début, c’était facile: suffisait d’écrémer ma collection de CD ou de tout ce qui a pu s’accumuler numériquement au fil des ans, et de tenir le compte pour éviter les doublons. Toutefois, pas loin de la deuxième centaine achevée, le choix de l’œuvre quasi quotidienne requérait davantage que la mémoire de ce que je connaissais déjà. Il m’a donc fallu des outils. D’abord YouTube, entre autres choses pour diffuser les contenus et parce que le bandeau à droite des vidéos regardés propose, intelligence artificielle le permettant, des contenus apparentés à mes choix. Aussi, au fil des clics, je me suis retrouvé devant de nouvelles nourritures musicales, lesquelles, à leur tout, me permettaient de forer vers plus de nouveauté encore. Il y a également toutes ces chaines qu’héberge YouTube et qui diffusent les intérêts et les productions de leur créateurs. Je pense surtout, ici, à The Daily Doug, chaine de ce sympathique et grassouillet compositeur de musique classique découvrant devant nous des contenus d’une autre nature, principalement de la musique prog ou métal. J’ai beaucoup ri en écoutant le type, mais j’ai aussi appris des tas de trucs sur la composition ou la structure de la musique, de même que j’ai été exposé à quelques interprètes inconnus pour moi, cela me permettant d’autres clics vers d’autres trucs à découvrir.
Parmi les autres outils utilisés, je dois une fière chandelle à Facebook, seul réseau social que je fréquente un tant soit peu, ce qui trahirait, semble-t-il, mon âge canonique. Je dois d’ailleurs remercier ici les quelques amis FB qui ont contribué, par leurs réponses à mes sollicitations répétées, à enrichir ma quête de nouveaux trucs, surtout Patrick, de même que ma progéniture, leurs relations proches et tous les autres qui m’encourageaient par leurs approbations iconiques. Aussi, mon écosystème Facebook comprend maintenant des groupes privés qui m’ont été fort utiles, dont « Maniaques de Musique progressive » (sic) et « 1970’s Quebec Progressive (prog) Rock ». Bref, FB contribue davantage à la culture générale qu’il n’y parait, du moins ça a été le cas pour mon humble projet. Je dois enfin souligner l’utilité des sites de streaming, comportant plusieurs outils intéressants pour enrichir mon univers sonore: chaines et playlists associées à des artistes que j’aime, outils de découverte (sur Amazon Music, ils appellent ça le « Discovery Mix ») renouvelés une fois semaine en fonction de mes écoute… sans oublier Wikipédia et ses innombrables listes de trucs en tous genres, par exemple l’inventaire des groupes progressifs néerlandais. Assurément, ceux qui disent que l’Internet est une perte de temps ont effectivement du temps à y perdre!
L’exercice se poursuit à ce jour, avec plus de 515 interprètes recensés au 30 janvier 2022, tous répertoriés et accessibles sur cette liste.
Parmi les grandes découvertes, quelques perles et faits à souligner:
- Steven Wilson, pour l’ensemble de l’œuvre:
J’ignorais l’existence de ce musicien d’exception, en solo ou avec Porcupine Tree (notamment), ni son travail de remixage des oeuvres majeures du rock progressif des années 70. Musique du jour #275, The WatchMaker - Les interprétations magistrales par des collectifs d’inconnus
Sur YouTube, on retrouve des prestations produites par des étudiants en musique ou par des musiciens inconnus mais talentueux, dont cette reprise symphonique d’Octavarium, pièce fleuve du groupe prog métal Dream Theater, musique du jour #15 - L’incroyable vitalité de la musique dite progressive
Comme j’avais perdu le fil de mes amours, je croyais que le courant musical dit progressif avait perdu pied, quelque part vers la fin des années ’70. Je connaissais quelques survivants, Marillion par exemple, mais je les croyais noyés dans une mer de pop ou de métal. Dans les faits, la musique dite progressive a continué d’évoluer, se nourrissant tant du passé que des formes musicales émergentes ou des nouvelles technologies. Aujourd’hui, on retrouve, partout dans le monde, des groupes s’identifiant à ce courant, par exemple Wobbler, musique du jour #183, groupe néerlandais très proche du prog pur et dur de Yes ou de Gentle Giant, ou encore Riverside, musique du jour #343, groupe polonais dont la musique comporte des teintes de Jethro Tull sur fond de mélancolie.
Cher toi qui me lis, peut-être trouveras-tu dans cette liste que je te partage des pièces ou des artistes que tu aimeras et que tu pourras encourager, comme je le fais, en les diffusant, en les écoutant, en achetant leur matériel ou en assistant à leurs spectacles (bientôt, quand tu le pourras). Outre le plaisir bien personnel de bizouner dans mon ordi pour alimenter mes oreilles d’ado, c’est surtout ça, l’important. Soutenir les créateurs.
L’objectif est maintenant de se rendre à 1000!