Survivre avec les voyous actuels et à venir

On a beau encourager les achats locaux ou rouler à l’huile de patate frite made in Ukraine, on ne peut nier que contrôler Poutine, Bolsonaro, Xi Jinping ou tous ces autres dangereux personnages, nous prémunir contre leur folie meurtrière et, surtout, prévenir l’émergence et le développement d’autres états voyous qui pourraient conduire à notre perte collective requiert des gestes concrets et, assurément, la mise en place d’un nouvel ordre mondial. L’Ukraine en est la triste preuve. Il nous faut maintenant penser en amont des conflits pour faire en sorte qu’il ne puisse plus y avoir de profit à les provoquer, et qu’une défense imparable puisse être mise en place si, par malheur, un voyou s’aventurait tout de même du côté noir des choses.

J’aimerais tant dire le contraire, mais la gentillesse et l’honnêteté ne font pas le poids devant la fourberie: les gentils se font bouffer tout cru s’ils ne reconnaissent pas que les méchants sont des méchants… Ça me fait penser à un vieil épisode de Star Trek où les méchants étaient confrontés aux bons pour juger de la valeur relative des positions… (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Fronti%C3%A8re_(Star_Trek))… Peu importe, il faut que ce nouvel ordre mondial tienne compte de la présence des méchants et de leur apparition possible, partout dans le monde. Pensez à Donald Trump, à Marine Le Pen, à Éric Duhaime, à Pierre Polièvre ou à Rodrigo Duterte… pas tous des fêlés, soit, mais ils sont tous des populistes catalyseurs des extrêmes qui poussent dans le sens la xénophobie et de relations internationales basées sur la méfiance ou, pire encore, sur le profit immédiat. Il faut donc, absolument, que nos infrastructures de défense et de commerce puissent réagir agilement à toute apparition d’un état voyou.

Or, ce n’est visiblement pas le cas actuellement: on a des vieilles structures de défense, principalement l’OTAN, établies au terme de la deuxième guerre mondiale. L’ONU joue également un rôle important dans le maintien de la paix mondiale. Enfin, nos structures commerciales comportent plusieurs ententes bilatérales, multilatérales et internationales basées sur le principe que la libre circulation des biens est préférable au protectionnisme, le meilleur exemple étant l’Union européenne. Or, il est clair que tant ces structures que les principes qui les sous-tendent n’arrivent pas à nous protéger. En tous cas, un sondage réalisé auprès de la population ukrainienne nous porte à penser de la sorte… En outre, les acteurs actuels de la droite opposent à ce commerce mondialisé un protectionnisme primaire, basé sur le principe de la loi du plus fort et des gains personnels à courte vue.

Évidemment, cher lecteur, tu commences à me connaitre, je n’ai pas de réponse à te proposer. J’aurais tout de même deux ou trois principes à te proposer, et qu’on pourrait essayer d’intégrer ensemble dans un nouvel ordre mondial, question d’établir une base de discussion à l’intention de nos amis politiciens, dont la proactivité tarde à s’exprimer en ces temps glauques.

  1. Plus le produit est vital, plus il importe que deux sources d’approvisionnement distinctes soient disponibles. Par exemple, si l’Allemagne a besoin de pétrole, elle pourra s’approvisionner en Russie, si Poutine est sage, ou, disons, aux États-Unis ou encore au Koweit. L’important est de faire en sorte qu’on puisse fermer le robinet illico à un état voyou. Idem pour les produits transformés: le Canada a besoin de serveurs informatiques? Il pourrait les acheter en Chine ou les produire lui-même. Difficile, mais faisable, pour autant que le principe soit mis de l’avant et respecté a priori … S’il n’y a pas deux sources d’approvisionnement, c’est qu’on peut se passer du produit.
  2. Les structures de maintien de la paix devraient pouvoir expulser d’emblée, sans vote et sur simple observation du fait, tout pays activement impliqué de son propre chef dans une agression militaire externe. Actuellement, la Russie, la Chine et les États-Unis, trois états qui ont la fâcheuse manie de l’action militaire unilatérale, sont des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, disposant même d’un droit de véto justifié par le simple fait qu’ils figurent parmi les grands vainqueurs de la Deuxième grande guerre. Dans une perspective de sécurité mondiale, cette situation ne fait plus sens.
  3. Il faut absolument militer activement en faveur de l’élimination complète de toute arme nucléaire, chimique ou biologique par tous les pays sans exception.
  4. L’OTAN ne fait plus sens avec la dissolution du pacte de Varsovie. Il faut d’abord rappeler que pour la Russie, l’existence même de l’OTAN constitue encore une menace à son autonomie et à son intégrité territoriale. Ensuite, il faut reconnaitre que tous les pays, membres ou non de l’OTAN, devraient pouvoir compter sur une solidarité mondiale en cas d’action d’un état voyou à son endroit. Ce filet de sécurité mondial doit trouver un lieu de rattachement, peut-être au travers l’ONU ou autrement. Comme je disais, je n’ai pas la réponse… simplement des propositions.

Je crois sincèrement qu’il y a une réelle urgence de réflexion autour de cette nécessaire révision de l’ordre mondial. Message à mes amis politiciens: le débat devrait être lancé maintenant, alors que la Russie se dit menacée par l’expansion de l’OTAN, alors que l’Ukraine ne bénéficie pas du soutien qu’on devrait tous lui fournir, alors que le Canada se prépare à un méga rattrapage quant à ses propres équipements militaires, entre autres raisons…

Aussi, on peut ne rien faire et donner un peu d’argent à la Croix-Rouge pour aider ces pauvres Ukrainiens à s’en remettre. Tant qu’à faire, on pourrait déjà faire des économies pour les Moldaves, les Hongkongais et toutes les autres prochaines victimes de nos ineffables voyous.

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