Les États Désunis d’Amérique

Salut, lecteur. Je capote…

Le renversement du jugement Roe vs Wade n’a rien de surprenant, Trump ayant enrichi, si l’on peut dire, la Cour suprême des États-Unis, d’éléments ultra-conservateurs, consolidant de ce fait les appuis de sa base religieuse malgré ses frasques, ses incohérences et ses mœurs dissolues. Je retiens surtout de ce jugement l’énoncé de la Cour, qui redonne au peuple américain et à ses représentants élus le pouvoir de réglementer l’avortement. Un peuple américain qui, dans l’ensemble, ne souhaitait pas ce retour à un encadrement législatif du corps féminin. Cette décision annonce, comme l’ont souligné les trois juges s’étant opposés à la décision, d’autres reculs relatifs droits de l’homme, particulièrement autour de thèmes sensibles pour la droite traditionnelle, tels l’homoparentalité, le mariage « gai » ou l’identité de genre.

Ce qui me fait peur, c’est que ce mouvement ne vient pas du peuple qui, globalement, vit plutôt bien avec la liberté des uns et des autres pourvu qu’on le laisse tranquille faire sa petite affaire; il émane principalement de ceux qui considèrent que leurs croyances devraient triompher au grand jour comme seule vérité possible: les intégristes, les conspirationnistes, les grandes gueules, les intimidateurs et les fondamentalistes tous azimuts. Talibans, convoyeurs de la liberté, républicains, c’est le même maudit combat de ceux qui ont raison contre les autres qu’il faut ramener à l’ordre et à LA raison.

Ce qui me fait plus peur encore, ce sont les leaders de ces mouvements, ces putes grandes gueules avides de pouvoir: Trump, Poutine, Poilievre, Duhaime, entre autres politiciens connus. Ceux-là cultivent la haine et sème la désunion; ceux-là flattent l’électeur dans le sens du poil du moment, avec comme seul souci la prise de pouvoir. Hitler avait fait ça en 1933, avec les résultats qu’on connait. Ces mouvements fondés sur l’identification d’un ennemi à mater et d’un sauveur qui arrivera certainement, si on le soutient sans condition, sont très difficiles à mettre en échec. D’une part, un sauveur ne peut avoir tort tant qu’on le considère en tant que sauveur; c’est ainsi que les leaders populistes arrivent à maintenir leur base de fidèles malgré leurs excès ou leurs frasques. D’autre part, la haine comporte l’identification claire d’une finalité, la victoire; et ça, c’est la recette pour la guerre.

Plus encore, une guerre laisse des traces difficiles à effacer, plus encore pour les perdants que pour les gagnants. Combien de générations devront vivre dans le ressentiment avant qu’ukrainiens et russes pourront se côtoyer sans arrière pensée? Combien de générations encore pour que les républicains sudistes partagent sincèrement le même sentiment d’appartenance que les démocrates nordistes à un pays inclusif qui, par ailleurs, n’existe pas encore de par cette désunion profonde qui subsiste malgré la fin de la guerre de Sécession?

Très sincèrement, je ne sais plus trop quoi faire pour empêcher la débâcle politique nord-américaine. Au moins, sur ce blogue, j’en parle, c’est déjà ça. Il me reste à espérer que toi, cher lecteur dont j’estime au plus haut point tant l’esprit que le cœur, comprendra mes préoccupations et verra à ce que tes choix à l’urne puissent un tant soit peu refléter ton désir de préserver et de faire s’épanouir plus encore une société pluraliste, ouverte et bienveillante.

Si ça ne fonctionne pas, on marchera dans les rues pour se faire entendre, comme ces femmes américaines qui méritent, aujourd’hui, toute notre admiration et tous nos appuis. Tu viendras?

Laisser un commentaire