Chronique électorale #1 de 1…

Toi et moi, on doit se choisir un gouvernement pour les quatre prochaines années. Gros contrat, malgré la rumeur persistante voulant que ce soit canné d’avance pour le Père Legault et sa coalition pragmatique de centre droite, comme on dit dans les chaumières. Gros contrat en effet, dans le contexte plus large d’un populisme à tout cran qui souffle le vent du bonbon électoral jusqu’aux rangs pourtant Solidaires. La poche a soif, surtout avec le beurre à 8$ et le gaz à 1,70$.

Ça ne vaut pas la peine (air archi-connu…) et pourtant:

Petit rappel #1: La planète et en train de nous lâcher. Tu le sais bien, mais il faut quand même te le rappeler. Perso, moi, là, sans planète, je ne suis plus rien, comme le diraient nos Cowboys Repentignois. La chose s’impose comme une évidence, plus encore pour nos amis du Sud et des Europes qui cuisent, à feu doux, mais qui cuisent tout de même. Que dire de nos potes de l’Asie du sud est, qui cherchent sous leur pied un sol qui disparait sous la flotte, ou de nos voisins Floridiens, qui n’y croient toujours pas mais dont les roulottes se désagrègent comme cabanes de paille soufflées par le grand méchant loup climatique. La chose commande des actions urgentes et douloureuses.

Petit rappel #2: On se fait vieux, toi et moi. Nous cumulons nos petits bobos et nous vidons nos caisses de retraite, chèque par chèque. Pour comprendre ce qui se passe, va voir ce graphique animé, qui dépeint la cloche démographique du Québec entre 1971 et 2066. Mine de rien, la pléthore de vieux et de vieilles avec leurs (nos) innombrables besoins pourrait bien confronter notre confort collectif, qu’il s’agisse de l’impact du vieillissement sur le système de santé ou encore la pénurie de main-d’œuvre découlant, entre autres choses, du nombre décroissant de jeunes mains à l’œuvre!

Petit rappel #3: Depuis les cent et quelques dernières années, on en a coulé du béton pour des routes, des écoles, des hôpitaux et des égouts, bref pour des services publics nécessaires à notre quotidien. Au fil des autres besoins qu’il fallait financer, des récessions qu’il fallait combattre ou par simple gestion déficiente, on a oublié d’entretenir tout ça, de telle sorte qu’on se retrouve devant des déficits d’investissements incroyables et qui requièrent notre attention immédiate dans le même contexte de pénurie de ressources humaines et matérielles que tantôt.

Bref, ça va pas bien…

Et pourtant: on nous fait du troisième lien, on nous promet du petit change dans nos poches et on nous parle des belles choses qu’on va faire pour nos vieux et nos malades. Les plus audacieux d’entre nos politiciens s’aventurent même du côté de l’optimiste benêt, voulant nous faire croire que tout va s’arranger et que de projections, ce ne sont après tout que des prédictions, et qu’ils pourraient se tromper, les supposés scientifiques, et que la météo, par définition, ça change: plus chaud un jour, plus froid un autre. N’est-ce pas, Mr Trump? (à entendre).

Ne serait-il pas grand temps que nous questionnions le Système? Le Progrès? Le Kapital? À quoi sert notre confort individuel s’il se déroule dans un cocon se rétrécissant comme peau de chagrin, sur le dos de 80% de nos semblables, bientôt 90% qui crèvent de chaud, de faim ou de soif tout en produisant à bien peu de frais hormis leur santé, des biens que nous leur retournons, alors qu’ils nous semblent désuets, pour qu’ils en disposent comme ils le peuvent, c’est-à-dire tout croche? Tu crois que je déraille, peut-être. Moi, je ne crois pas: je ne fais que réfléchir tout haut sur des thèmes pour lesquels les enjeux sont vitaux, au sens biologique du terme, mais, pourtant ignorés ou, tout au plus, pris en compte accessoirement dans un cadre politique qui vise à renforcer ce même confort qui nous tuera bientôt.

Que fait-on, alors?

Je ne sais pas pour toi, mais perso, j’essaie d’abord de moins consommer et aussi, de mieux consommer. Je regarde d’où viennent les biens que j’acquiers. Je fais des gestes concrets; du moins je fais mon possible pour comprendre les conséquences de mes comportements et je tente de me gouverner en fonction de ce que j’apprends. Aussi, j’écoute attentivement ce que nos politiciens me disent sur ces enjeux… et je vais tenter de choisir le moins pire… Chose certaine, je vais refuser d’appuyer quiconque me promet plus d’argent dans mes poches, plus de choix pour mes services, plus de confort pour ma famille, plus de consommation, plus de liberté. L’heure est aux sacrifices collectifs, à la solidarité, au renoncement et à une froide lucidité quant aux difficultés que nous réservent notre avenir.

Bon vote, et garde le sourire, on va y arriver!

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