Tu sais bien, ami lecteur, que j’avais prévu ce blogue pour pérorer sur ma retraite, alors imminente mais maintenant bien entamée, et pour t’entretenir de mes projets de vie, sinon pour placoter de choses et d’autres, question de cultiver ce lien, parfois si ténu, entre toi et moi, lien qui m’est cher, je t’en assure! Hélas, l’actualité m’interpelle davantage qu’il ne le faudrait et je me retrouve trop souvent, bouillant, devant mon journal, avec comme une envie de t’interpeller, toi, mon ami, pour que tu dénonces comme moi toutes ces monstruosités de notre quotidien commun, ces décisions irréfléchies de nos élus caquetants, ces pitreries de nos voisins du Sud, ces horreurs commises par la volonté malade de Vlad Frite-Sauce-Fromage ou d’une quelconque catastrophe: excès de flotte, feux incontrôlables, sécheresse et chaleurs, de plus en plus inévitables, que nous appelons par nos comportements irréfléchis.
Je joue, comme on dit au Parti Québécois, à la belle-mère…
Tu me diras, bien sûr, que je m’en fais pour rien, que je devrais m’occuper de mon jardin, de mes animaux de compagnie, de mes enfants et des autres petites choses qui occupent ceux et celles qui ont contribué à la vie active, naguère… Lâche prise, comme qu’on dit…
Je sais, je sais, mais c’est tellement difficile! Si seulement il n’y avait pas tous ces élus qui empilent les pitreries comme les Américains empilent leurs pancakes pour un matin de weekend… S’il n’y avait ces incohérences quotidiennes qui harcèlent ma quiétude de parvenu accompli… S’il n’y avait pas ce toi qui accélère sans cesse, à coups de VUS et de liberté individuelle vers un mur que d’aucuns nient l’existence même mais qui se dresse pourtant, dur, infranchissable, inéluctable. Alors, voilà: je beugle, je distribue les coups de gueule et je juge de mon estrade tous ces rustres qui nous dirigent et qui déparent de leur bouille décérébrée les pages d’un journal que j’aimerais vierge de toute connerie.
Tu vois, je m’emporte encore…
Cher ami lecteur, je te promets que je vais faire de gros efforts: je me voudrai, sur ces pages que tu honores par ta lecture, tout gentil: je vais te parler bientôt de mon jardin, qu’il faudra parer de légumes en devenir dès que les prochains jours de froid seront effacés. Je vais te donner des nouvelles de mon Léo, qui navigue très lentement vers une relative quiétude de Boxer, si une telle chose existe et qui, pour le moment, fait semblant de dormir à mes pieds en attendant que je me lève et que je lui dise: bon, on va-tu prendre une marche? Je vais aussi partager avec toi un peu de mes angoisses d’écrivain car oui, j’ai cette prétention d’écrire un truc, je ne t’en ai pas trop causé car tu sais que je suis un grand timide…

Il faudrait tout de même qu’on m’aide… aussi, entends, ô monde, ces quelques requêtes:
- Souhaitons d’abord, parce que dans le fond je l’aime bien, une cure de silence pour M. Bernard Drainville, de manière à ce qu’il puisse redécouvrir les vertus de l’écoute et de la réflexion préalable à la prise de parole
- Souhaitons ensuite, entre autres choses :
- À M. Donald Trump l’envie d’une retraite bien méritée
- À M. Poutine, un cœur et le courage requis pour reconnaître ses méprises
- À la Turquie, un gouvernement bienveillant
- Aux trois quarts de l’humanité qui n’en a pas, un bon repas chaque jour
- À la Palestine, un lieu pour exister vraiment
- À la Planète, un thermostat remis à neuf
- Souhaitons enfin, à toi, cher lecteur, tous les bonheurs que tu mérites tant de même que la patience nécessaire pour endurer les pérégrinations verbeuses que j’imposerai à ton écran
Allez, prends soin de toi. On se reparle bientôt!
Bon, on va-tu prendre une marche?