Pénurie de profs: une idée, comme ça

Salut, ami lecteur. Tu pensais vraiment que j’allais me taire à tout jamais? C’est mal me connaître, mais je ne t’en veux pas. Mon estime pour toi est inconditionnelle, tu le sais bien. Toujours est-il que je lisais, en ce beau matin de mai, la section du rapport de la Vérificatrice générale du Québec concernant la pénurie de personnel enseignant qui sévit, au Québec comme pas mal partout ailleurs dans le monde. Je me disais: quel job extraordinaire, tout de même, que celui de VGQ, que du jugement, que du regard extérieur, froid, implacable. Une belle-mère avec une équipe! Le bonheur, je te dis…

Je lisais le truc, donc, avec l’intérêt d’un ancien du recrutement. Je ne suis pas un expert, loin s’en faut, mais j’ai coordonné pendant un an une équipe de personnes extraordinaires qui avait le dur mandat de s’arracher les quelques profs en devenir qui daignaient considérer l’enseignement en milieu pluriethnique et résolument urbain, comme qu’ils disent sur le site web du CSSDM. En fait, le principal défi qui devait être relevé était de faire en sorte que les stagiaires, qui sont la principale source d’enseignants qualifiés, acceptent de débuter leur carrière dans le même CSS. Pour ce faire, il nous fallait être compétitif dans nos pratiques d’embauche par rapport aux autres CSS, participer aux foires d’emploi, faire preuve d’innovation dans la distribution des postes et dans le marketing de nos écoles; bref, rivaliser avec ses adversaires privés et publics pour sa juste part du corps enseignant. Dans ce contexte, chaque enseignant arraché des griffes d’un autre CSS représentait une victoire qu’il fallait célébrer.

Dans mon pauvre esprit, je me disais: quelle perte de temps et d’énergie!

Penses y, cher ami lecteur: tous les profs en devenir passent par la même filière: ils fréquentent tous une université québécoise qui, ultimement, sanctionnera leurs études et délivrera un baccalauréat de même qu’un permis d’enseigner québécois. Toutes les lignes à pêche des recruteurs aboutissent dans le même bassin! Dans ce contexte, pourquoi ne pourrait-on pas gérer la distribution des postes enseignants centralement, par exemple via un service national de recrutement? Cette proposition comporterait de nombreux avantages, dont les suivants:

  1. la création d’un guichet unique pour les choix de postes dans le secteur public
  2. un lien d’emploi national entre l’enseignant et l’employeur pouvant mener à une mobilité sans perte d’ancienneté pour le personnel enseignant
  3. une meilleure gestion des secteurs en grande pénurie, par exemple l’identification des zones pour lesquelles des incitatifs financiers supplémentaires (primes d’éloignement, de défavorisation ou d’urbanité) seraient requis

Probablement qu’il faudrait gérer la suppléance occasionnelle localement, et que la proposition mérite plus de réflexion et de nuances avant son opérationnalisation, mais tu sais, il est vendredi matin et je suis enrhumé, alors moi et ma tonne de kleenex usagés n’ont pas le courage d’élaborer davantage sans une discussion avec les principaux concernés. Je présume que tu comprends et que tu m’en excuses. Toujours est-il qu’il faudrait peut-être y penser, plutôt que de laisser les RH des CSS continuer à s’entredéchirer pour les quelques candidats qui daignent cogner à leurs portes…

Je dis ça de même…

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