Alors que nos pragmatiques amis de la CAQ, fort du trou noir idéologique qu’on observe dans l’univers politique québécois, s’efforcent de trouver des solutions géniales pour les maux ponctuels qui nous affligent, nous oublions que certains d’entre nous avions, collectivement, une idée plus claire du monde que nous souhaitions pour le Québec, entre autres choses l’idée d’un pays que nous alimentions de nos projets. Je pense surtout à la période entre 1965 et 1979, celle où les damnés baby boomers ont pris le pouvoir. Ils ont quand même fait des trucs intéressants, ces nombrilistes maintenant décrépits, dont, disons le clairement, la décision d’abandonner le nucléaire.
Pourquoi? D’une, ça coûtait trop cher. De deux, on pouvait agir autrement pour se donner l’énergie dont on avait besoin. De trois, il y avait cet enjeu des déjections de ces centrales, dont la toxicité requiert qu’on en dispose de façon à s’en protéger pour des centaines de milliers d’années à venir. D’ailleurs, on est déjà dans la schnoutte avec les déchets produits à ce jour au Québec et dans le Rest of Canada…
Je sais que tu es, cher lecteur, un éternel sceptique et je t’en remercie. Aussi, je t’invite à consulter ces quelques ressources pour te faire une tête sur la question:
- Reportage de Radio-Can sur les enjeux liés à la disposition des déchets nucléaires au Canada (2019)
- Rapport scientifique canadien sur ces enjeux rédigé en 1993
- Synthèse du dossier en France (mis à jour en 2022): ce dossier représente le point de vue de l’industrie du nucléaire
Il y en a plein d’autres, que tu consulteras avec entrain et le plus grand sérieux, je te connais bien. Toujours est-il que tu devineras que, même si d’aucuns espèrent bien que les solutions qui se présentent à nous pour la disposition sécuritaire des déjà trop nombreux déchets nucléaires avec lesquels nous cohabitons pourront résister aux millénaires à venir, personne ne sait vraiment quoi faire avec ces merdes radioactives.
C’est bien le propre de nos amis politiciens plus à droite d’espérer que le futur nous fournira les solutions que nous n’avons pas et d’investir pour le présent, créant des jobs et retardant le moment où les choses devront vraiment changer dans le mode de vie de leurs électeurs (toi et moi, cher lecteur que j’aime). On peut peut-être les comprendre par ailleurs, ces pauvres, puisque certains d’entre nous, peut-être même une majorité, votons pour préserver nos acquis, nos jobs, notre confort; du coup, forcément, si le centre droit se met à progresser (si j’ose dire), la droite franche pourrait avoir le champ libre. On voit ça un peu partout, en France, en Italie, et que dire de nos potes du Sud…
En attendant qu’on vote un peu plus intelligemment, il faudrait bien, tout de même, qu’on évite de foutre la merde pour de bon sur notre chère mais maltraitée planète et qu’on continue à refuser le nucléaire pour les besoins d’énergie du Québec. Aussi, je t’invite, cher lecteur et électeur que j’estime pour ton intelligence et ton sens du devoir, à l’exprimer haut et fort à ton député, à tes amis, à ton bulletin de vote. Je t’en remercie d’avance et je te retrouverai bientôt, irradié du bonheur de t’entretenir d’un autre sujet!