Microtraité sur les déficits et l’action gouvernementale en temps de conservatisme rampant…
Seigneur, pardonne-moi, car j’ai coupé.
Ben oui, cher lecteur, quand je faisais partie des actifs, j’ai participé à ce grand mouvement qu’on qualifiait alors d’austérité et, comme on me le demandait, j’ai rationnalisé, j’ai normalisé, j’ai optimisé… toutes choses nécessaires pour, comme qu’on disait, faire plus avec moins. Pour le bénéfice de ce qui suit, je résumerai ces euphémismes en une seule épithète: couper.
Plus souvent qu’autrement, je présume que tu le sais bien, un gouvernement choisit de couper parce que ses dépenses dépassent ses revenus, ou encore parce que le gouvernement d’avant avait laissé une dette lourde à porter pour le contribuable. Tu devineras donc que c’est l’endettement qui conduit à la décision de couper. Faudrait, alors, éviter l’endettement à tout prix, non? Le problème, c’est que pour ne pas s’endetter, il faut soit être riche, soit renoncer à tout achat qui dépasse notre capacité à payer cash. C’est comme ça tant pour les gouvernements que pour les individus.
Donc, dans notre beau monde capitaliste, les gens, comme les gouvernements et les entités du secteur privé traînent avec eux une dette. Est-ce que c’est grave? Pas vraiment, sauf si tu es profondément anxieux ou, plus sérieusement, si tu es incapable d’assumer les paiements qui viennent avec ta dette. C’est d’ailleurs là dessus, principalement, qu’est établie ta cote de crédit, bien davantage que sur le montant de ta dette. Idem, encore une fois, pour les gouvernements: tu te rappelleras la décote récente du Québec par Standards & Poors.
Aussi, comme le grand monde du Kapital doute de la santé financière de la Belle Province, faudrait-il couper dans le proverbial gras, revenir à cette ère de saine gestion des fonds publics, comme dans l’temps des Libéraux dont on voulait tant se libérer? C’est du moins ce que nos bons copains caquistes semble croire, au détriment semble-t-il de leur admissibilité à un prochain mandat, tout arrosés qu’ils sont par les tomates de l’Opposition et par la bile de l’Opinion Publique.
J’ai ma petite idée là-dessus mais, comme je respecte ton emploi du temps chargé, je m’arrête ici. Dans les prochaines publications, je vais te parler de coupures possibles (ou non) en santé, en éducation, dans l’appareil de soutien administratif et, peut-être, ailleurs.
Me suivras-tu?