Couper! 3 de 4: Énoncés radicaux mais nécessaires

Cher ami lecteur, nous en sommes arrivés à l’inéluctable conclusion qu’il nous fallait couper, simplement parce que la somme des nouvelles dépenses que nous devons réaliser urgemment dépasse déjà, et de plus en plus largement, notre capacité à payer. Je dois en effet te rappeler ces quelques faits observés dans notre beau monde occidental:

  • la déplétion de nos infrastructures, de nos routes à nos hôpitaux en passant par nos écoles ou encore par nos systèmes de gestion de l’eau;
  • les efforts que nous devons faire pour contrer l’impact dévastateur des changements climatiques et, plus important encore, pour freiner leur accélération;
  • les besoins de la population en éducation, en santé, en logement abordable, en services sociaux, en mesures d’inclusion, pour ne nommer que ceux-ci, malgré tous les efforts consentis au cours des soixante dernières années pour que nous construisions ensemble un état bienveillant et socialement responsable, ou encore
  • le vieillissement de la population et ses conséquences en termes de diminution des réserves de l’état, d’impact sur la main d’œuvre disponible, d’accroissement des services à offrir et de baisse des revenus imposables

Si on ne fait rien, je te répète que le tsunami des nouvelles dépenses que nous devrons faire pour financer ces besoins urgents dépassera même notre capacité à nous endetter. Bref, on doit couper maintenant.

Ça va faire mal. Clin d’oeil ici à nos amis français…

Il n’est point question ici de faire mieux, d’optimiser, de rationnaliser ni de réaligner des activités vers une efficience accrue, quoiqu’il puisse arriver qu’à travers le regard que nous poserons sur nos coupures, des occasions de faire mieux puissent se présenter. Il est question ici, j’insiste sur ce point, d’abolir des jobs, de cesser de donner des services ou de restreindre des dépenses ou des activités.

Ça, c’est la réalité qu’on dit rarement, tout comme on cache le fait que la lutte aux changements climatiques devra nécessairement conduire à des pertes dans notre « american way of life« : moins de viande, moins d’autos, moins de vacances dans le sud, moins de consommation, moins, moins, moins… On comprend ainsi que d’aucuns, dont nos chers amis MAGA et certains conservateurs du côté de nos contrées, résistent à ces changements nécessaires et dénoncent des idées comme les miennes ou encore toutes ces folies progressistes qui menacent leurs acquis si précieux et ces privilèges qu’ils nomment droits. Mon char, mon droit, et toute cette sorte de chose, diraient les Bretons.

Revenons plutôt à nos moutons. Pour couper et s’en sortir, il faut faire un certain nombre de choses. La première, nous venons de la faire ensemble, toi et moi, en convenant que nous devions couper. Transposée dans le vrai monde, cette étape signifierait qu’un parti politique ou qu’une coalition de personnes mobilisées en ce sens aurait réussi à convaincre une part suffisante de la population pour se faire élire avec le mandat de transformer en profondeur la relation entre les différents écosystèmes qui composent notre monde afin qu’ultimement, nous en arrivions à un nouvel équilibre qui assurerait la pérennité de la race humaine. Méchant programme! Dire cela, c’est reconnaitre que le capitalisme, tel que nous le vivons présentement, mène l’humanité à sa perte et que nous devons, impérativement, dénoncer l’ordre établi et militer pour un nouveau rapport entre le peuple et les ressources qui sont à sa disposition pour que tous et chacun, et non simplement ceux et celles qui sont nés du bon bord de la planète ou dans le bon arbre généalogique, aient la possibilité de s’épanouir sans que cet épanouissement nuisent à la survie des prochaines générations.

Bon, je suis d’accord, cher lecteur, j’ai pris la bouchée un peu grosse! Déjà, je sens que tu ne me suis plus dans ma folle aventure transformationnelle. Mais tu sais bien qu’un éléphant, ça se mange une cuillère à la fois, n’est-ce pas? Aussi, dans le dernier chapitre de ce fantasque récit, je te raconterai comment il faudrait faire, dans notre petit Québec, pour appliquer cette recette à notre système éducatif. Je te parie qu’après cette démonstration, tu deviendras un fan fini des coupes en éducation, mais oui, et tu auras hâte qu’un parti politique de propose un tel programme.

Peut-être que j’exagère, après tout, mais on verra bien! Allez, je t’embrasse et je te laisse à tes plaisirs de weekend. À pluche!

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