Bilan 1 de x: à propos de l’action politique

J’ai beau n’être qu’en vacances, je sais bien que celles-là perdureront; aussi, ma tête est aux bilans de mes diverses actions professionnelles. Comme, il y a peu de temps, mes très chers collègues officiers au Conseil exécutif de l’ACM (voir https://acm.quebec) ont voulu souligner mon départ à la présidence de l’asso, je vais te parler, lecteur fidèle, d’action politique. Sujet pas très glamour, tu en conviendras: on aime en effet penser que l’arène politique est truffée d’opportunistes, de narcissiques compulsifs et d’autres fieffés gredins qui ont choisi de se faire élire ou de graviter autour des cercles d’élus en fonction de bénéfices personnels à recevoir: une cause à faire avancer, un permis de boisson à obtenir, un pont à faire construire, un acquis à ne pas perdre, une auréole à se tricoter. On ajouterait que ces quelques hommes et femmes de peu de choses, dont un certain président non loin de chez nous, qui engraissent nos fils de nouvelles de leur fumier, alimentent très certainement ce désengagement intergénérationnel et généralisé par rapport à la politique officielle, celle des partis, des syndicats et, à une moindre échelle, des associations professionnelles. Il faut tout de même en parler parce qu’après tout, c’est mon bilan.

Tout cet espace de représentation légitime que tu laisses vacant, parce qu’une certaine politique t’écœure, tu le laisses hélas ouvert pour quiconque souhaite l’exploiter au profit de ses lubies personnelles: pro-Jésus, pro-pétrole, pro-végane, pro-toi, pro-moi, pro-soi, pro-roi. En quelque sorte, c’est toi, par ton propre désengagement, qui propulse dans l’arène politique ces indignes représentants qui tenteront de laisser leur marque insignifiante dans la grande histoire: un toaster par foyer, un TBI par classe, une ligne rose, un troisième lien, du pot pour le bon peuple. Certaines de leurs idées ne seront pas vilaines, il faut le dire, mais d’autres nous surprendront par leur incongruité, leur inadéquation ou, hélas, par leur dangerosité.

Toujours est-il que la politique actuelle se résume trop souvent en une programmation composée de promesses phares, qui nous éblouissent et qui nous cachent qu’autour, il n’y a rien.

J’aimerais une politique sans promesse. J’aimerais que nos élus se présentent à nous avec un simple engagement, celui de soutenir les équipes de gestion et les travailleurs qui, eux, font des choses qui ont un sens. J’aimerais aussi que les acteurs politiques appuient leur décisions davantage sur la science que sur leur conscience. Surtout, j’aimerais que l’engagement politique soit une activité noble, réalisée par des personnes humbles, à l’écoute, convaincues de leurs responsabilités et capables d’articuler une vision de leur rôle et du monde dans lequel ils vivent. Surtout, j’aimerais des politiciens qu’on puisse respecter. On pourrait enfin être contents d’aller voter, pour nos mairies, pour notre province / pays / nation, pour nos conseils d’établissements, pour nos commissions scolaires.

Tu me trouves probablement idéaliste, peut-être même naïf, cher lecteur. Pourtant, je ne le suis pas, je t’assure. Je vais même te dire comment tu pourrais m’aider à faire en sorte que nous ayons, toi et moi, des politiciens que nous méritons vraiment: allons ensemble à nos assemblées syndicales, posons des questions à nos députés ou candidats quant à nos problèmes concrets, faisons nous-mêmes preuve d’engagement politique. Profitons-en pour réfléchir ensemble sur les polluants de l’action politique: l’argent, principalement, la machine qui fait sortir les votes, ce qui transforme le processus électif en une entreprise électorale…

Nous pourrions faire autrement, mais, d’abord, il faudrait que tu t’impliques, Il faut aller aux assemblées: les assemblées générales des écoles, celles de nos syndicats et associations, celles des partis politiques municipaux, provinciaux, fédéraux. Il faut aussi que tu y poses des questions. Si tu n’as rien à dire, on comprendra que l’action politique n’a plus de sens pour l’activité qu’elle encadre et on voudra abolir les structures qui lui donne place, comme c’est le cas pour les commissions scolaires. Et on aura, malheureusement, raison de penser de la sorte.

À toi d’y réfléchir, si tu en as envie.

3 réflexions sur “Bilan 1 de x: à propos de l’action politique

  1. Avatar de Claire Pelletier Claire Pelletier

    Bonjour,

    On s’est manqué durant la dernière année
    Merci de m’avoir inscrite à ton blog. Souhaite vraiment que la transition se passe en douceur pour toi. Si tu as le goût, ce sera toujours un plaisir de prendre un café avec toi…..contente également qu’on ait salué à l’ACM ton travail…..c’est amplement mérité……fais attention à toi et c’est toujours un plaisir de te lire…..tu as toujours une belle plume….

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